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La vie extraordinaire d'une chanteuse normale.

LIZ CHERHAL - LE BLOG

Résidence à Stéréolux : Jour 1

Moi, puis Jérome, puis Morvan.

Moi, puis Jérome, puis Morvan.

Quand ce matin, mon réveil a sonné à 6h45 et que j’ai tiré mon coloc de son lit, il n’était qu’à moitié ravi de ma reprise professionnelle.

Il m’a demandé ce que j’allais faire.

Je lui ai dit que j’allais répéter toute la semaine avec 28Saphyr à Stéréolux.

Il m’a dit :

- Et c’est bien ça ?

Il n’a pas vraiment conscience des choses et c'est bien normal. 

Je lui ai donc dit que oui, c’était très bien.

Parce que c’est vrai qu’une résidence comme celle-ci, à Stéréolux, quand on a plutôt l’habitude de répéter dans un local sans fenêtres qui sent la poussière et la bière sèche, ce sont des conditions de travail de luxe, surtout à Stéréolux.

A 8h00, j’étais prête à partir.

J’ai téléphoné à Morvan, mon collègue et néanmoins compagnon de vie.

Je lui ai dit :

- Mon chéri, je t’aime et je t’adore.

Il m’a dit

- Moi aussi, ma chérie, je t’aime et je t’adore.

Je lui ai dit :

- Moi je t’aime tellement que je veux vivre avec toi toute ma vie.

Il m’a dit :

- Tu veux vivre toute ta vie jusqu’à quand ?

Je lui ai dit :

- Je veux vivre avec toi toute ma vie jusqu’à ta mort. 

Il m’a dit :

- Tu veux vivre toute ma mort ?

J’ai dit

- Oui, je veux vivre toute ta mort, et je veux la vivre au premier rang.

 

Ce fut notre premier échange de la journée.

Et c’était de très bon augure.

Nous étions visiblement en très bonne forme.

 

Nous nous sommes rejoints à Rezé et avons ensuite cheminé ensemble vers Stéréolux à bord de la Prat Mobile chargée à ras bord de notre matériel poussiéreux qui n’avait pas servi depuis presque trois mois.

 

Curieusement, les rues était complètement vides.

Nous avions pourtant prévu dans notre planning de rester coincés dans quelques bouchons mais nous avions fait erreur.

Il n’y avait absolument personne.

Visiblement personne ne bossait aujourd’hui à part nous.

Nous roulâmes ainsi à vive allure sans le moindre ralentissement et arrivâmes à Stéréolux en à peu près 3 minutes et 30 secondes.

C’était de très très bonne augure.

 

Arrivés devant la salle micro de Stéréolux où avait lieu notre résidence, un technicien du lieu, nous voyant arriver, déplaça seul et à mains nues, l’immense barrière métallique donnant sur la route pour nous permettre d’entrer.

Nous fûmes très impressionnés.

Un fois garés Morvan me dit :

- C’est Ko-Ko-Mo-En-Vé-Lo

J’ai dit :

- Quoi ?

Il m’a redit :

- C’est Ko-Ko-Mo-En-Vé-Lo

Je ne comprenais pas ce qu’il disait, ni où il voulait en venir. Je me disais qu’il était sûrement en train de perdre la boule.

 

J’ai donc redit :

- Quoi ?

 

Et il m’a redit la phrase :

- C’est Ko-Ko-Mo-En-Vé-Lo.

 

En fait il venait de voir passer le groupe Kokomo.

Et ils étaient en vélo. C'était donc Ko-Ko-Mo-En-Vé-Lo. 

Je n’avais pas compris sa phrase, tout simplement.

 

Et puis nos techniciens sont arrivés.

Nous n’avions pas vu Jérome, notre sonorisateur, depuis 3 mois.

Alors quand il est arrivé au volant de sa Dacia, il a ouvert sa fenêtre et nous a dit :

- Attention, je vais vous embrasser très fort.

Ce n’était pas très respectueux des gestes barrières mais c’est ce qu’il a fait quand même. Car Jérome fait toujours ce qu’il dit.

 

Ensuite Philippe (l’éclairagiste) est arrivé.

Mais comme nous l’avions vu deux jours avant au rassemblement des artistes-intermittents, c’était un peu moins l’effusion.

Nous sommes alors entrés dans la salle Micro de Stéréolux dans le respect des gestes alcooliques.

Non, pardon, dans le respect des gestes barrières.

 

Nous nous sommes installés sur ce grand plateau immense que je n’avais jamais eu la joie de fouler.

Notre matériel respirait à nouveau.

L’ampli de Morvan était néanmoins couvert de poussière.

Par chance, Nicolas, notre manager, s’est assis dessus par mégarde lors de notre première réunion de chantier et ça l’a nettoyé.

 

Pendant la réunion de chantier, Nicolas a demandé :

- Vous avez des nouveaux morceaux ?

J’ai répondu :

- Oui.

Et c’était vrai. 

Nous avions ajouté dans notre set deux nouveaux titres : « Trop confinés pour baiser » (notre reprise/adaptation en français de « Too drunk too fuck » qu’on avait fait pendant le confinement) et « L’hôpital qui se fout de la chatte » notre toute dernière chanson sur les violences gynécologiques et obstétricales.

 

Nicolas était très satisfait de nous.

Alors que nous finissions de nous installer, l’équipe de Stéréolux nous a rappelé qu’actuellement, il y avait des gens qui travaillaient à distance sur un logiciel qui captait les mouvements de la scène pour les coordonner avec les lumières (si j’ai bien compris).

Il y avait donc des gens, au moment même où nous parlions, quelque part dans Nantes, qui nous voyaient en permanence.

J’ai alors demandé si ces gens nous entendaient également.

On m’a répondu que non.

Nous étions ainsi tous rassurés.

 

La matinée s’est ainsi passée et l’après-midi a été entièrement consacrée à travailler sur la cohérence sonore des séquences de la première moitié du set.

Comme ce travail n’est pas très intéressant, je n’ai pas très envie de le raconter.

Car quand je raconte les choses, je les revis.

Et ce travail maintenant qu’il est fait je n’ai pas très envie de le revivre.

D’autant qu’il nous reste l’autre moitié a faire demain.

 

A 16h30, nous avons fait une pause et nous nous sommes dit que ce serait bien quand même de faire appel à un regard extérieur durant ces jours de répètes.

En préparant la résidence, à la va vite, certes, mais en la préparant quand même, on avait omis ce détail de regard extérieur alors que c’est quand même un détail important.

Nous avons donc appelé quelqu’un, la veille pour le lendemain.

 

A 17h45, il fallait commencer à plier les gaules car la salle allait fermer.

J’ai demandé à Jérome :

- Jérome, tu dors où ce soir ?

Il m’a dit :

- Chez vous.

J’ai dit :

- Allons bon, tu dors chez nous, mais où chez nous ?

Il ne savait pas alors j’ai proposé qu’il dorme entre nous.

Il était d’accord.

Mais Morvan n’était pas très content.

 

Ainsi, s’est terminée cette première journée de résidence. Nous avons les oreilles farcies.

Je suis assez contente car j’ai réussi pour l’instant à faire un compte-rendu par jour, mais bon, pour l’instant, il n’y a eu qu’un seul jour …

 

Bonne soirée et à demain pour la suite des aventures.

 

Liz

 

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