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La vie extraordinaire d'une chanteuse normale.

LIZ CHERHAL - LE BLOG

J'ai accepté ce que je ne pouvais pas changer.

Suite de l’épisode précédent 

Nous étions donc, mon coloc et moi-même enfermés dans ma chambre pour les raisons que vous connaissez si vous avez lu mon épisode précédent. 

Si vous ne l’avez pas lu, je vous conseille d’aller le lire avant toute chose ici : 

http://lizcherhal.over-blog.com/2020/05/arnold-et-willy-m-ont-sauve-la-vie.html

Car sinon, tout ceci va vous sembler extrêmement étrange. 

Pour ceux qui ont lu l’épisode précédent, continuons. 

Au bout de trois heures d’enfermement, je décidai donc d’aller constater par moi-même où en était l’avancée des travaux. 

L’artisan était en train de ranger ses affaires. Il en avait donc terminé avec cette tuyauterie. 

Je regardai rapidement l’endroit où il était intervenu. 

Le tuyau était parfaitement rebouché. Plus une seule goutte d’eau ne s’échappait. 

De ce point de vue, c’était impeccable. 

Par contre, derrière ce tuyau, il y avait un mur en placo-plâtre, qui lui n’avait rien gagné lors de cette intervention. 

En effet, il était complètement brulé sur une surface d’environ 70 cm2 et son copain le mur en placo-plâtre perpendiculairement placé par rapport au mur précédent, était quant à lui, troué d’un bien joli trou. Un trou bien plus grand qu’une pièce de deux euros, si vous voyez ce que je veux dire. 

Alors là, j’avais tout gagné. 

Bon, c’était un fond de placard, ce n’était pas très grave. 

Mais bon… 

Lorsqu’il vit que je vis cette zone sinistré, il me dit :

- Y aura un petit raccord de peinture à faire. 

Oui, en effet, un petit raccord de peinture. De peinture et d’enduit également, mais je ne pourrai faire ces raccords qu’une fois que j’aurai enlevé tout ce qui avait été malencontreusement brûlé … 

Il continua à ranger ses affaires, les mit sur mon palier, me dit qu’il descendait à sa voiture et qu’il remonterait me faire signer un papier. 

Il partit.

J’étais seule dans mon salon qui sentait le brûlé.

Le placo-plâtre brûlé. 

Ce n'était pas une très bonne odeur. 

 

5 minutes passèrent. 

Il ne remontait pas. 

Bon sang, il me refaisait le même coup qu’à son arrivée. 

Mais bon, là qu’il ne revienne pas avec une facture, vu l’état de mes revenus du moment, ça m’arrangeait, il faut bien le dire. 

10 minutes passèrent. 

Mais où était-il parti se garer ? 

Au château de Clisson ? 

 

Au bout d’un quart d’heure, mon téléphone sonna. 

C’était lui. 

 

Il me dit qu’il était bloqué en bas de l’immeuble, qu’il avait beau appuyer sur la sonnette de l’interphone, rien ne se passait. 

Visiblement, mon interphone avait décidé de ne plus marcher. 

Allons bon … 

C’était bien embêtant. 

Et surtout c’était très curieux car à son arrivée l’interphone fonctionnait parfaitement. 

 

Mais que voulez-vous, c’est toujours comme ça, nos affaires cessent de fonctionner au moment où on s’en sert. 

J’en veux pour exemple que mon imprimante n’a jamais cessé de marcher quand je ne m’en servais pas. 

Par contre, elle est toujours tombée en panne, pile au moment où j’en avais besoin. 

C’est comme ça et on n’y peut rien. 

 

Et quand on n’y peut rien, il faut l’accepter. 

Car si on n’accepte pas les choses sur lesquelles on ne peut pas agir, on risque d’être malheureux. 

C’est un copain qui m’a dit ça un jour : accepte ce que tu ne peux pas changer. 

Depuis que je côtoie ce copain, j’accepte les choses sur lesquelles je ne peux pas agir. 

Et j’ai vraiment gagné en qualité de vie. 

 

Un jour, ce copain m’a également dit quelque chose de très clair.

J’étais alors en train d’écrire un de mes textes interminables et j’avais très envie de parler de lui. 

Et quand je parle pour la première fois d’un tiers, même en entier, je demande toujours son accord au tiers en amont de la publication. 

Mais son accord entier. 

Ça me semble important. 

Bref, avant de publier mon texte, je lui ai demandé : est-ce que je peux parler de toi dans mes textes ? 

Il m’avait alors répondu : ne parle pas de moi dans tes textes. 

C’était très clair. 

Comme je le respecte, je ne vais donc pas parler de lui dans mes textes et je cesse ici toute référence à cette personne pour retourner m’occuper de mon interphone. 

 

Mon interphone ne fonctionnait donc plus et le plombier m’attendait en bas. 

J’imagine maintenant, qu’il m’attendait en râlant, mais en descendant les escaliers en ce jour précis, je n’en savais rien.

Ce n’était qu’une supposition. 

Je descendis donc mes deux étages pour aller lui ouvrir la porte d’en bas. 

Et quand j’ouvris la porte, je vis réellement, qu’il n’était pas très content d’avoir du attendre en bas … 

Mais je n’en fis guère d’état puisqu’il n’était pas très content en règle générale.

 

Nous remontâmes donc les deux étages ensemble. 

Moi, normale, et lui, pas très content. 

 

Il me fit signer un papier comme quoi il était bien venu chez moi. 

Comme il était bien venu, je signai. 

Je lui demandai alors combien allait me coûter cette visite. 

J’aurais aimé ajouter « cette charmante visite pleine de joie et de bonne humeur » mais comme il était chez moi, que j’étais seule (si on ne compte pas mon coloc) et que dans le fond, quand je suis enfermée chez moi avec une personne du sexe opposé que je ne connais pas, je ne me sens pas en totale sécurité, je n’ai fait aucune réflexion. 

Il me répondit alors qu’il ne savait pas combien allait me coûter cette intervention car ce n’était pas lui qui facturait. 

Bon.

Il me faudrait donc attendre de recevoir la facture surprise dans quelques temps. 

J’aime bien les surprises en général, mais là non. 

Il partit. 

Moi et le placard de mon chauffe-eau (en second plan)

Moi et le placard de mon chauffe-eau (en second plan)

J’étais soulagée de son départ et soulagée de savoir que mon parquet allait peu à peu se dégondoler pour retrouver, je l’espérais, son état d’antan. 

J’avais néanmoins un nouveau problème à régler. 

Mon interphone qui avait décidé de ne plus marcher. 

En même temps, à ce moment là, comme nous étions en confinement, personne ne venait chez moi, donc mon interphone n’était pas très utile. 

Mais bon, quand on a quelque chose de cassé chez soi, il faut le réparer rapidement, sinon, ce n’est pas très Feng Shui et moi, j’aime bien être Feng Shui, surtout quand je n’ai que ça à faire. 

Je décidai donc de mener une enquête interne pour découvrir la cause de la cessation d’activité de mon interphone. 

Je me mis alors à inspecter le boîtier de long en large pour essayer de comprendre d’où venait le problème. 

Et à première vue, je ne voyais rien, à deuxième vue, non plus.

Le boîtier et le combiné me paraissait tout à fait normaux.

J’appuyais sur les boutons, il ne se passait rien, mais c’était normal puisque ça ne marchait plus. 

Le problème se situait donc ailleurs.

Mais où ? 

Qu’est ce qui avait bien pu se passer pour que cet interphone passe de l’état « je fonctionne correctement même si je sers peu puisque personne ne vient ici » à l’état « je ne fonctionne plus du tout ». 

C’était mystérieux. 

Alors que je trouvais cette odeur de brûlé de plus en plus incommodante, la réponse à cette question se mit en place d’elle même dans ma tête. 

La fuite, le parquet, le tuyau, le plombier qui arrive, les dessins affreux, le placo -plâtre brûlé, les « merde », les « putain », l’interphone qui cesse de fonctionner, le plombier bloqué en bas, le papier à signer, le plombier qui repart.

C’était plus qu’évident. 

J’ai alors littéralement sauté vers mon placard.

J’ai mis ma tête près de la zone brûlée.

Dans cette zone, je vis avec horreur un fil électrique totalement brûlé. Je me mis à remonter le cours de ce fil électrique.

Et savez-vous où atterrissait ce fil électrique brûlé.

Je vous donne en mille ! 

Dans mon interphone .

Evidemment.

Le plombier avait réparé ma fuite, mais avait brûlé mon fil d’interphone. 

J’étais vraiment dégoûtée. 

Il fallait donc maintenant que j’appelle un réparateur d’interphone qui allait sûrement arriver en râlant et dont la simple présence chez moi me ferait peur puisque, je vous le rappelle, lorsque je suis seule chez moi avec un artisan du sexe opposé, je n’arrive pas, et c’est bien malheureux, a être totalement sereine. 

( Il faudra peut-être que j’en parle à Camélia Jordana ;) )

 

Je n’avais vraiment pas envie d’appeler un autre artisan, mais il allait bien falloir que je le fasse, car je ne peux pas me permettre d’être confinée dans un appartement qui n’est pas Feng Shui. 

Alors que je m’apprêtais, à ouvrir les pages jaunes d’internet pour trouver l'identité du prochain artisan qui allait intervenir chez moi, je fus saisie par une pensée. 

Et si, tout ceci était organisé … organisé contre moi. 

Et si j’avais malencontreusement mis le doigt dans un engrenage infernal. 

Un système franc-maçonnique, une conspiration d’artisans qui s’arrangent à chaque fois qu’ils viennent intervenir chez quelqu’un, pour casser autre chose.

Autre chose qui nécessitera la venue d’un autre artisan qui lui-même cassera autre chose, qui nécessitera la venue d’un autre artisan. 

Et ceci ad vitam aeternam.

Là, j’avais peut être mis le doigt sur un truc. Un truc incroyable, un truc de lanceur d’alerte. 

C’était flippant ma trouvaille. Et du coup, j'étais assez flippée. 

Ce soir-là, j’aurais du être à l’autre bout de la France pour faire un concert de 28Saphyr mais au lieu de ça, j’étais chez moi, ça sentait le brûlé, et j’étais au coeur d’une conspiration d’artisans. 

Ça me faisait assez peur, et à ce moment-là, précisément, je sentais bien que je n’étais pas en total accord avec ce qui était en train de se passer dans ma vie, mais qu’il fallait que je l’accepte. 

Alors je décidai donc de l’accepter, et comme je n’avais plus rien à faire de particulier en cet instant précis, je décidai d’aller consulter mes mails et reporter ma recherche sur cette conspiration à plus tard. 

Dans mes mails, concernant mon travail, je n’avais absolument rien à me mettre sous la dent. 

C’était toujours le calme plat. 

Je n’avais rien à gérer car tout avait été annulé. 

On peut même dire qu’il ne se passait absolument rien. 

Ma vie professionnelle était absolument dénuée de tout intérêt. Et j'en étais presque fâchée contre elle. Et presque fâchée contre ma vie en général. 

Par contre, pour mon plus grand bonheur, j’avais un e-mail de mon ami François, le réalisateur de clips et de documentaires, qui, connaissant sans doute le désarroi professionnel dans lequel j’étais à ce moment là, m’écrivait pour me conseiller des séries à regarder. C’était très gentil de sa part de se soucier de moi et de me trouver des occupations. 

Il me fit part de différents idées de série dont une, qui s’intitulait « François en série ».

Ainsi, François me conseillait une série qui s’appelait « François en série ». 

Cette simple phrase, " François me conseille une série qui s'appelle François en série" me réconcilia directement avec la vie en général, la mienne en particulier et me redonna le sourire dans mon salon qui sentait le brûlé. 

« François me conseille une série qui s’appelle François en série ». 

Cette phrase est ainsi devenue mon mantra pour la soirée et je l'ai gardée avec moi toute la semaine durant. 

Le lundi suivant, un autre artisan fit son apparition dans ma vie, et vous pourrez découvrir cet épisode dans le roman que j’ai finalement commencé à écrire et qui sortira un jour de façon sûre. 

Je vous laisse ici, je vous embrasse, je ne sais pas quand est-ce que je vais recommencer à faire des concerts mais ne vous inquiétez pas, je vais plutôt bien. 

Ma mère aussi. 

A bientôt 

Liz 

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