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La vie extraordinaire d'une chanteuse normale.

LIZ CHERHAL - LE BLOG

J'ai passé la nuit avec Toxxic TV

Ce soir-là, nous avions prévu avec Morvan d’aller assister au concert de sortie de vinyle du groupe Toxxic TV, un groupe nantais de punk-rock dont nous apprécions particulièrement chacun des membres et ceci pour des raisons différentes et personnelles. 

 

Nous avions d’autant plus prévu d’y assister que Morvan avait été sollicité par le groupe lui-même pour aller jouer un morceau avec eux à la basse. 

La basse qui est, je le rappelle, son premier instrument. 

 

Mais le jour arrivant, même si notre présence avait été validée par moi-même depuis plus d’un mois, j’ai bien failli décliner au dernier moment et ne pas mettre un seul orteil à cette release party. 

 

En effet, nous rentrions ce jour-là d’une très grosse série de concerts et je me trouvais aux alentours de 19h dans un état physique assez déplorable, du à la fatigue des concerts, des rencontres mi-enrichissantes/mi-dévastatrices et des kilomètres qui enrobaient tout ça. 

Je n’étais ce soir là, que l’ombre de moi-même et encore, une ombre, ça bouge parfois.

 

J’ai donc d’abord dit à Morvan, vers 19h15, que non il n’était pas question que j’aille voir un concert ce soir, parce qu’au bout d’un moment, les concerts, il y en a marre et se faire hurler dessus par des rockeurs, je n’en avais pas très envie. 

 

Et puis finalement, vers 19h45, attirée que j’étais par l’amour du rock‘n roll, et l’envie de voir sur scène mon batteur-chanteur préféré, j’ai décidé de me sortir les différents doigts des différents orifices de mon corps et j’ai décidé que cette soirée n’aurait pas lieu sans moi. 

 

Morvan était très content que je vienne avec lui. 

Il apprécie énormément ma compagnie. 

Et moi j’étais très contente de me dire que j’allais le voir jouer sur scène.

Le voir jouer sur scène quand je ne suis pas moi-même sur cette scène est toujours pour moi un immense plaisir.

Je ne sais pas pourquoi, mais cela nourrit toujours énormément notre couple. 

Et ceci arrive trop peu souvent pour que je me permette de louper cette occasion.

 

Arrivés à la dite salle, nous croisâmes plein de gens qui n’utilisaient pas le passé simple.

 

À plusieurs reprises, alors que nous saluions différentes connaissances, on me dit : 

- Mais Liz Cherhal qu’est-ce que tu fais là? 

- Qu’est-ce que tu fais dans un concert de punk rock ? 

 

Visiblement ma présence à ce concert posait question. Elle ne posait pas problème, mais elle surprenait et posait question puisque plusieurs personnes m’ont, soit fait la remarque, soit posé la question. 

 

Et moi, ça me posait question que cela pose question. 

 

Alors que Morvan s’éloignait pour aller chercher des bières, j’ai fait une brève analyse de cette situation qui posait tant question. 

 

Et je suis arrivée au raisonnement suivant. 

 

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le milieu musical est un milieu finalement assez cloisonné.

Assez cloisonné par des cloisons assez épaisses.

C’est un fait. 

Et quand on est d’un côté de la cloison, on crée de la surprise dès qu’on enjambe une cloison.

Et ce soir là, tout simplement, je n’étais pas du côté habituel de ma cloison. 

 

J’ai beau faire depuis quelques temps en plus de ma carrière de chanteuse de centre culturel, des concerts d’electro-rock-sexy (28Saphyr), dans lequel je prends, entre autres choses, des poses suggestives tout en disant des insanités, et ceci dans des bars et des cafés concerts, payée en bières ou en coups de pieds au cul, j’ai toujours mon étiquette de chanson française. 

 

Et ça visiblement, peu importait les poses, les propos, les lieux ou le nombre de bières avalées, ce n’était pas près de changer. 

 

Cette grande cloisonnalité (mot qui n’existe probablement pas, mais je n'en ai pas grand chose à faire) de mon milieu professionnel me paraissait fort dommageable puisque finalement il n’y a pas forcément de différences notables entre les musiciens. 

On fait tous des suites d’accord sur lesquels on colle ou pas des textes plus ou moins réussi, tout en comptant nos heures. 

On fait tous de la musique. 

Alors à quoi bon cloisonner tout ça ? 

 

Mais bon, j’ai bien conscience que ce n’est pas aujourd'hui, par le biais d’un article de mon blog que je vais abattre les cloisons de style dans le milieu de la musique. 

Et puis de toute façon, je n’en ai pas hyper le courage car je sais ce qu'il en coute d'abattre une cloison. 

 

Il y a quelques mois, j’ai abattu une cloison en placo dans ma cuisine et vu le bordel que ça a été, doublé du fait que Morvan a failli perdre un oeil à cause de notre meuleuse toute pourrie, j’ai pas du tout envie de renouveler l’expérience. 

Ah ça, non merci. 

 

Et puis, en fait, je crois tout simplement que je n'ai pas envie de me battre avec ça, et de toute façon, Morvan est en train de revenir avec des bières alors je vais clore ici mon analyse de la situation qui pose question parce qu’il est temps de continuer mon récit. 

 

Les lumières de la salle se sont éteintes. 

Le concert a démarré. 

Et c’était explosif ! 

 

Après avoir scanné rapidement le contenu de la scène pour jauger le backline, les placements, les habits de scène et le rôle de chacun des membres du groupe, j’ai remarqué avec stupeur et tremblements que les musiciens n’avaient pas de bouteille d’eau sur scène.

Pas de bouteilles d’eau … pas de gourdes non plus …

 

Ils n’avaient que des bouteilles de Kronenbourg. 

 

J’étais embêtée pour eux qu’ils n’aient à boire que de la bière aussi dégueulasse. 

Bah oui, quand on sait tout ce qui existe en terme de bière, il faut bien reconnaitre que la Kro, c’est quand même assez dégueulasse. 

 

Personnellement je trouve que pour faire de la bonne musique c’est toujours mieux de boire de la bonne bière. Mais c'est tout à fait personnel. 

Et onéreux parfois. 

 

Heureusement, au bout d’environ 12 minutes de concert, la totalité des bières ouvertes et présentes sur le plateau avait été renversées qui par un pied malencontreux, qui par un câble qui avait bougé et qui par un pied de micro.

 

Aucun des membres du groupe ne serait donc contraint de boire cette bière insipide. 

Par contre la moquette du plateau elle, elle en a bu beaucoup de cette bière, et ça tout au long de la soirée.

 

Au quatrième morceau, Morvan a été appelé pour rejoindre le groupe sur scène.

Comme d’habitude, je trouvais ça extra de le voir sur scène, alors je l’ai pris en photo.

 

Il était hyper sexy avec sa basse. 

En le voyant, de vieux démons se sont réveillés en moi et je me suis dit intérieurement : 

- Purée, ce musicien, j’aimerai trop me le faire. 

Et par chance, c’est ce qu’il s’est produit. 

 

Quand il est sorti de scène, il est directement venu me voir.

Je lui ai dit : 

- C’était super! 

Il m’a dit : 

- Ah cool ! 

Je lui ai alors dit :

– Et en plus, j’ai fait de belles photos

Il m’a dit : 

- C’est vrai ? 

J’ai dit : 

- Euh … non .... 

 

Mes photos étaient ratées.

C’est pas facile de faire de belles photos de concert. C’est un vrai boulot. Et ce n'est pas le mien. 

 

C’est vraiment dans des moments comme ça, quand je regarde avec honte et dégout les clichés que j’arrive péniblement à prendre dans les différents concerts où je vais, que je me rend compte du talent des différents photographes avec qui je travaille, ceux qui me suivent et qui me shootent en concert. 

Bravo donc et merci à chacun des photographe suivant : François, Pascal, Marc, Fred, Claire, Didier, Jean-Noël, Jean-Philippe et j’en oublie surement … 

À la fin du concert de Toxxic TV, qui fut une très belle réussite, je me rendis compte que j’avais plutôt mal aux oreilles.

 

Mais pas un mal dû au son qui était trop fort. 

Non, le son était très bien. 

Il s’agissait plutôt d’un mal physique du à la forme de mes bouchons d’oreilles alors que ces bouchons avaient été fait sur mesure pour moi et mes oreilles et m’avaient coûtés un certain prix.

 

Et c’était étonnant qu’ils me fassent aussi mal ce soir-là alors que je les porte régulièrement en répétition. 

 

C’était quand même aberrant de m’être fait faire des bouchons d’oreilles sur mesure et de me rendre compte qu’en les portant une heure d’affilée, ils me faisaient mal.

 

J’étais tentée de faire un scandale mais en les enlevant, je me rendis compte que ma fatigue doublée de ma consommation d’alcool du soir m’avait fait mettre mon bouchon gauche dans mon oreille droite et mon bouchon droit dans mon oreille gauche.

C’est pour ça que mes bouchons me faisaient mal.

Et j’avais honte pour moi-même de ne pas m’en être aperçue plus tôt. 

 

C’est dans cette triste constatation de mon état que le concert suivant, celui des Washington Dead Cats a démarré. Et c’était vraiment bien, d'autant que j’avais les bons bouchons dans les bonnes oreilles. 

 

Assister à ce concert, nous a permis avec Morvan, de nous adonner à notre passion commune que ces derniers temps nous n’avions que trop peu pratiqué, à savoir danser ensemble n’importe comment sur de la musique très forte. 

C’est ce que nous avons donc fait pendant une bonne partie du concert, et ça, c’était vraiment appréciable.  

 

À environ 3/4 du concert, le chanteur s’est mis à faire chanter le public qui réagissait plutôt bien. 

Devant notre grand enthousiasme à chanter avec lui, le chanteur entama un mouvement qui nous indiquait clairement à tous qu’il allait venir dans le public incessamment sous peu. 

 

Et en effet, tout en nous faisant chanter je ne sais plus trop quoi, il se mit à fendre la foule avec son micro en avant. 

On se doutait tous alors qu’il allait jeter son dévolu sur quelqu’un du public et qu’il se passerait quelque chose d’inédit. 

 

En effet ça n’a pas raté.

Arrivé près de la console son, il attrapa par le coup une fille du public. 

 

Il lui chanto-brailla alors quelques instants dans les oreilles tout en la maintenant près de lui, et ceci sous les yeux de son conjoint. 

Ses vocalises terminées, il lâcha la fille en question et retourna à sa place de chanteur, sur le plateau couvert de bière fraîche.

Et comme, il faut bien reconnaitre, un chanteur, rendu aux 3/4 de son concert, c’est toujours un peu plus humide qu’au démarrage du même concert, la fille s’essuya le visage avec ses mains, puis essuya ses mains dans son pull. 

 

Est-il vraiment nécessaire de souligner ici l’identité de la fille qui se fit attraper ce soir-là par le chanteur en question ? 

 

Je pense qu’à ce stade de la narration vous vous doutez bien que la fille en question c’était moi.

 

Et je n’arrive pas à m’expliquer pourquoi quand j’assiste à un concert ou un spectacle, et qu’il s’agit pour la personne qui se trouve sur scène de choisir une personne dans le public, je suis immanquablement choisie. 

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi c’est si souvent moi. 

 

Selon Morvan, le choix du chanteur ce soir-là était surement dû au fait que je portais un pull rayé. 

Moi, je trouve qu’un pull rayé, ce n’est pas une raison suffisante pour choisir quelqu’un. 

 

Mais en tout cas, ce soir-là, quand j’ai vu le chanteur quitter le plateau en direction du public, je me suis dit : oh la la, ça, ça va être pour ma gueule.

Et en effet, ça n’a pas loupé.

J’ai eu beau, en voyant le chanteur foncer sur moi, agripper Morvan pour signifier clairement que « non, non, merci je n’ai pas vraiment envie d’être choisie ce soir », ça n’a absolument rien changé.

 

C’était pour ma gueule, c’était pour ma gueule et puis c’est tout.

Est-ce qu’il m’avait repéré depuis la scène ou était-il tombé à la fin de son périple par hasard sur moi, je ne sais pas.

 

Mais en toute franchise, même si j’ai été un peu prise au dépourvu, 

avec le recul je me dis que, se retrouver, une fois dans sa vie, collée à un chanteur en sueur qui porte un caleçon léopard est une expérience assez enrichissante dont je me souviendrai plus tard avec nostalgie.

 

Tout ceci s’est donc déroulé sous les yeux médusés de Morvan qui une fois l’accolade passée s’est précipité vers moi pour s’assurer que j’étais toujours vivante. 

 

À la fin de ce concert très réussi, Morvan me dit :

– Viens on va au stand de merchandising. Je vais acheter un vinyle que je ne vais pas écouter et je vais t’offrir un T-shirt que tu ne vas pas porter.

 

Et c’est ce qui s’est passé.

 

Morvan achète très souvent des vinyles à la fin des concerts, malheureusement il n’a pas de platine vinyle. Il ne les écoute donc jamais. Mais il les pose sur son étagère, ou les accroche à son mur. 

 

Pour ma part, par souci écologique, j’essaierai de porter de temps en temps ce T-shirt qu’il m’a offert. 

Mais comme je n’aime pas trop porter des tee-shirts qui ont des cols ronds trop serrés, je pense que ce tee-shirt va passer par la case de "mon atelier créatif" et que grâce à mes ciseaux et un peu de temps, il va devenir un tee-shirt à col en v.

 

Devant le stand de merch, nous avons félicité les membres du groupe Toxxic TV qui s’y trouvaient. 

 

Moi, je voulais surtout parler au batteur-chanteur car je l’adore.

J’ai donc dit à Morvan : 

- Je ne partirai pas tant que je n’aurai pas parlé au batteur-chanteur que j’adore.  

Alors on l’a cherché, on l’a trouvé et on est allé lui parler. 

 

On est allé lui parler parce qu’on le connait. 

J’en veux pour preuve qu’un jour, avec Morvan on a fait une fête du premier de l’an. 

A cette fête, on était quatre, ce qui peut sembler peu pour une fête mais ce qui est pour moi amplement suffisant. 

A cette fête, il y avait donc Morvan, moi, le batteur-chanteur, et quelqu’un d’autre. 

Vous dire si on le connaît le batteur-chanteur. 

 

Pour garder un souvenir de cette soirée de concerts que je qualifierais d’absolument excellente, nous nous sommes pris en photo avec le batteur-chanteur. Et je trouve que cette photo (ci-joint) est réussie. 

De gauche à droite : moi, le batteur-chanteur et Morvan

De gauche à droite : moi, le batteur-chanteur et Morvan

Après avoir vu la photo, le batteur-chanteur a vu qu’on avait acheté leur nouveau vinyle. 

 

Il nous a alors demandé si on avait une platine pour écouter ce vinyle. 

 

On lui a dit que non, qu’on n’avait pas de platine, et qu’on n’allait donc pas pouvoir écouter ce vinyle. 

C’était nul. 

Mais il nous a dit que lui non plus, il n’avait pas de platine, et qu’il n’allait donc pas pouvoir écouter son vinyle non plus. 

On était donc tous dans le même bateau.

Un bateau dans lequel il n’y avait pas de platine vinyle. 

 

Morvan m’a alors demandé si j’avais déjà écouté mon propre vinyle (celui de mon album « Les Survivantes »). 

Et la réponse était non.

 

C’est vrai qu’un jour, dans ma vie, j’ai fait un vinyle, mais malheureusement, je ne l’ai jamais écouté. 

C’est un peu nul. 

D’ailleurs des vinyles de mon album « Les Survivantes », si vous en voulez, je serai ravie de vous en vendre, il m’en reste une cinquantaine chez moi, et j’aimerai bien qu’il disparaissent de mon placard … ça m’aiderait dans mon entreprise de désencombrement et de minimalisme. 

 

Et puis, comme il était tard, nous avons salué le batteur-chanteur et nous sommes partis du bar.

C'est ainsi que s'achève cette histoire. 

 

D’ici à ce que la totalité des vinyles de Toxxic TV et de moi-même disparaisse, je vous embrasse. 

En ce jour précis, je me sens très très fatiguée. 

 

Et dans le but de ne pas devenir désagréable d’épuisement, je m'en vais me coucher seule, dans le noir et ceci pour quelques jours. 

À très bientôt. 

Liz 

 

Ps : Si vous avez lu ce texte jusqu’au bout, mettez moi donc un petit commentaire gentil, ça vous prendra beaucoup moins de temps que ça ne m’en a pris pour l'écrire, ça me donnera une idée de la taille de mon auditoire, et en sus, ça me fera plaisir au réveil. 

 

Ps2 : Je trouve que j’ai un peu abusé avec mon titre « J’ai passé la nuit avec Toxxic TV » car en fait de nuit, je n’ai en réalité passée que quelques heures dans le même bar qu’eux. 

Mais bon, les titres sulfureux amènent toujours une audience plus large. 

J’ai appris ça en lisant Voici. 

C’est d’ailleurs la seule chose que j’ai apprise en lisant Voici. 

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